Histoire BMW 2000C/CS
des premières BMW au coupé 3.0 CS

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Le passage à vide de BMW

Dans les années 50, la gamme " BMW " ressemblait un peu à l'échiquier politique français. S'il n'y avait "rien" (ou si peu de choses...) entre de Gaulle et les communistes, le même vide existentiel séparait aussi la petite "Isetta" des grosses "502 V8", pour le plus grand malheur des finances de la firme. Paraphrasant certain dicton populaire, on aurait pu en conclure que la fin du " double haricot " ne se ferait pas longtemps attendre...

Mais les miracles n'étaient pas rares dans la patrie du " miracle économique ", et Wothan, sans doute, avait décidé de sauver la " BMW " malgré elle, en lui proposant un programme de réformes appropriées. En l'acceptant, la firme dut, par là même, se résoudre à renoncer aux rondeurs bavaroises de sa gamme haute si haute qu'elle en avait presque oublié les réalités du marché...), pour accueillir sans arrière-pensée le nouvel art esthétique de l'école latine, que vantait (entre autres) le maître Michelotti (lequel avait déjà ses entrées à Münich, comme on le sait).

BMW 1500 : Le Renouveau

Avec le recul du temps, la berline " 1 500 " (révélée en septembre 1 961 ), symbole du " renouveau " bavarois, nous apparaît aujourd'hui comme une voiture singulièrement classique, sinon conventionnelle.
Mais elle ne fut pas jugée comme telle, à son époque de gloire ; ses premiers clients la considérèrent bien plutôt comme une " divine surprise ", propre à ranimer l'enthousiasme des derniers partisans du " double haricot ", bien malmené depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

II est vrai qu'elle tombait à merveille, sur le marché de la catégorie moyenne, qui " ronronnait " benoîtement depuis des années entre les " populaires " ambitieuses et les " grosses bourgeoises " raffinées. Avec ses traits virils et nerveux, ses vastes baies, ses flancs rectilignes et nets, et sa calandre inclinée en avant (pour exprimer la puissance et la vitesse). La BMW " 1500 " inaugurait un nouveau style de berline familiale, que les autres marques allaient s'empresser d'imiter sans y parvenir vraiment.

Sous son capot plat et large battait le cœur d'un admirable 4 cylindres à arbre à cames en tête, plein d'avenir et de ressources. Délivrant 80 chevaux DIN pour 1.500 cm3, ce groupe procurait à cette bourgeoise évoluée un allant qui surprit nombre de spécialistes. Le bon temps était revenu à Münich, en somme ; finis les égarements sympathiques de la décennie précédente, BMW retournait enfin à ses traditions sportives.

Les livraisons du nouveau modèle se firent attendre longtemps, mais, fort heureusement, aucune concurrente sérieuse à l'exception de l'Alfa Roméo Giulia 1,6 litre) ne se fit fort d'occuper le terrain, dans l'intervalle.

Plébiscitée par la critique, la berline 1 500 connut un grand succès commercial, en dépit d'un prix de vente relativement élevé (pour la catégorie considérée). Et elle permit à la firme de refaire progressivement surface.

Les versions dérivées ne tardèrent pas à venir étoffer la gamme, de la " 1800 " à. la " 1800 Ti " en passant par la " 1600 ". La clientèle répondit présent à cette escalade tranquille et se laissa prendre au " jeu sportif " que lui proposait la firme, enfin réconciliée avec son passé, pour le plus grand bien de l'Allemagne en général, et de la Bavière, en particulier (le régionalisme n'est pas soluble dans le fédéralisme, semble-t-il)...

A ce stade de .notre histoire, de nombreux fanatiques de la marque attendaient encore une transformation de l'essai, en d'autres termes, une descendante moderne de la sublime " 328 " qui avait tant enchanté leurs parents à une certaine époque. Mais l'histoire ne se répète pas, ni à Münich ni même ailleurs...

La naissance des BMV 2000 Coupé

A défaut d'une petite " Sport ", logiquement espérée la firme se fendit d'un coupé 4 places, que certains jugèrent plutôt lourd d'aspect, destiné à des clients socialement favorisés et fiers de l'être.

bmw2000c

Carrossé par Karmann (qui dut certainement s'inspirer du stylé du coupé 3200 CS ", signé Bertone), ce modèle fut initialement proposé en 2 versions : " 2000 C " et " 2000 CS ", préfigurant les futures berlines 2000 et 2000 Ti.
La première citée affichait 100 chevaux tout ronds, (avec une transmission automatique), la seconde en offrait 20 de plus, par l'entremise de 2 carburateurs double corps très au fait de leurs responsabilités.

L'accueil du public fut réservé cette fois ; en dépit de ses promesses, cette série luxueuse et coûteuse manquait peut-être d'homogénéité ou de caractère. Mais elle marquait également une étape importante dans l'histoire contemporaine de ta firme, et laissait présager d'intéressants développements...

Si le style de la berline "1500 " a été unanimement plébiscité, celui du coupé 2000 C/CS a suscité quelques réserves. Le profil ne manque pourtant ni de chances; ni d'équilibre:

Les formes générales s'avèrent harmonieuses; classiques et plaisantes. L'influence du précédent., coupé " 3200 CS " s'est fait particulièrement sentir dans le dessin du pavillon, doté de baies vitrées largement calculées, sans montant central.

Vu de 3/4 avant (ou arrière); ce coupé aux dimensions déjà respectables semble en outre mal campé sur ses voies trop étroites et les passages de roues auraient gagné à être davantage " soulignés ".

Près de 20 ans après sa présentation, la BMW 2000 C/CS accuse certes, quelques rides, mais sa silhouette passe encore très bien dans la circulation actuelle sans paraître vraiment désuète; ou vulgairement " rétro ". II en va de même pour là conception esthétique de l'habitacle qui marie la note sportive au raffinement bourgeois. Présenté en juin 1965, le coupe 2000 C/CS a fait une carrière relativement courte puisqu'il a quitté la scène en été 1969.

Durant ses 4 ans d'existence, le modèle ne connut aucune évolution significative (seul fait notable : la présentation d'une variante " 2000 C " à boîte manuelle en 1967.

Les coupés 2800 CS et 3.0 CS

Très à l'écoute de sa clientèle, la firme a ultérieurement corrigé les aspects les plus critiquables de la silhouette du coupé 2000; ces modifications heureuses se sont accompagnées du, passage obligé au 6 cylindrés pour donner naissance au superbe coupé " 2800 CS " révélé en 1969.

A défaut, une variante dépouillée de la " 2800 CS ", la " 2.5 CS " a été introduite en 1974, en vue d'élargir la clientèle vers le bas. Quoiqu'il en soit, on ne peut que regretter la disparition précoce de la " 2000 CS " qui se serait fort bien accommodée du moteur injection de la " 2000 Ti ". ultérieur, et de la partie avant des " 2800 " et " 3.0 CS ", sans faire double emploi dans la gamme, tout en conservant ses chances dans sa catégorie...

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